De tous les astres, la lune est celui qui a exité le plus l'imagination : objet de culte, respecté et craint, de légendes, de superstitions et de nombreuses théories scientifiques ou ésotériques. La Lune, avant tout, dicte le temps humain : les premiers calendriers se fondent sur ses cycles, qui correspondent à ceux de la menstruation féminine. Chaque jour changeante, elle est le symbole du renouvellement, de la croissance et donc de la fécondité. en tant que planéte ronde et blanche privée de lumiére reflétant les rayons virils du Soleil, elle représente le principe féminin, celui qui reçoit. Autrefois, on interdisait aux jeunes filles de sortir par les nuits de pleine Lune, car elles risquaient d'être "lunées", engrossées par l'astre, tant son pouvoir fécondant était puissant. Porté par les femmes en amulette, le croissant de lune est donc un porte-bonheur qui appelle une heureuse progéniture. Dans la p^lupart des mythologies, la Lune est personnifiée par une déesse : Isis ches les Egyptiens, Astarté chez les Phéniciens, Séléné chez les Grecs, à la fois déesse de la chasteté et des naissances. La Vierge Marie, qui cumule ces deux symboles, possède elle aussi le même emblème. En outre, celui-ci évoque la résurrection du Christ : telle la Lune, il renait de la nuit. Mais le croissant évoque plus directement l'islam : doublé de la lettre noun , en forme de croissant lui aussi, il est inscrit sur les tombes pour accompagner le voyage des morts, tandis que les versets des prières que l'on prononce à cette occasion riment avec la lettre n. Associé à l'étoile, le croissant de Lune, symbole du paradis, figure sur les drapeaux de nombreux états de religion islamique. Ce symbole aurait été d'abord reproduit sur les pièces de monnaie de Byzance, en 341 avant J.-C, en hommage à Hécate, déesse lunaire qui aurait sauvé la ville de l'attaque macédonienne. Depuis les croisades, il est l'emblème des pays ottomans. Pour justifier encore, s'il en était besoin, les vertus talismiques attribuées au croissant de lune, on rappellera à quel point on confère à cet astre de puissants pouvoirs, pas toujours bénéfiques. Les nuits de pleine Lune réveilleraient les loups-garous, verraient les meurtres se multiplier, troubleraient le sommeil des enfants, etc. Sous prétexte que la Lune influe sur les marées, on lui attribue également la capacité d'affecter les liquides qui circulent dans notre corps. les Grecs appelaient "séléniades" (de Séléné) les malades mentaux. Selon la croyance populaire, c'est donc la faute à la Lune si certains sont lunatiques ou mal lunés.
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