Espèce rare et protégée, l'edelweiss est, à l'origine, un porte-bonheur très localisé (dans les Alpes et les Pyrénées), mais sa réputation s'est étendue au-delà de ces zones géographiques. Son nom, d'origine allemande, signifie "noble blancheur". Selon la légende, l'edelweiss serait né d'un flocon de laine d'agnelet tombé de la quenouille de la Vierge, alors que celle-ci s'était endormie en filant, au paradis. Quelle plus noble origine, en effet? Son aspect velouté, cotonneux, sa forme en étoile et sa blancheur parfaite ont pu donner foi à cette légende et ajouter au caractère précieux de la fleur. Dans les Alpes, on associe l'edelweiss à une autre dame blanche, la reine des neiges, une sorte de sirène des montagnes, aussi charmeuse et dangereuse que sa soeur marine. Ses chants, en effet, auraient le pouvoir d'attirer les alministes sur les hauteurs les plus risquées, d'où ils seraient précipités dans les ravins par des lutins armés de lances de cristal, gardiens de la dame blanche. Celle-ci n'aurait plus que ses larmes pour pleurer ces hommes jamais entrevus, larmes qui se changeraient en edelweiss au contact des rochers (l'edelweiss pousse parmi les rochers escarpés des sommets, entre 1000 et 3000 mètres d'altitude). La grande difficulté de la cueillette lui confère donc la valeur de toute chose rare, augmentée d'une "prime de risque". Posséder une fleur aussi difficile à se procurer, c'est avoir franchi déjà tant d'obstacles qu'elle ne peut que servir à aplanir les obstacles qui suivront, d'où sa fonction de porte-bonheur. Comme elle se conserve bien, on la colle sur des cartes de voeux, on la garde sous cloche, on la fait sécher. On appelle également l'edelweiss "étoile d'argent", "immortelle des neiges" ou "pide de lion". selon certaines croyances, cette fleur confère le pouvoir d'invisibilité à qui veut faire du bien, dans le canton du valais, à la mère qui veut punir le meurtrier de son fils, dans les Dolomites, ou au sorcier qui a vendu son âme au diable, dans le Tyrol autrichien. En Autriche, on pense aussi que, si l'on déterre un edelweiss une nuit de pleine lune et qu'on l'enveloppe dans un linge blanc qui a été piétiné par un âne et un boeuf, ce tissu rendra son porteur invulnérable de coups. L'edelweiss connaît un succès considérable à paris au début du XXe siècle, comme de nombreux porte-bonheur. Interdit de cueillette aujourd'hui, il est représenté sur de nombreux porte-bonheur (bijoux, accessoires de toilette) qui mêlent les fonctions décorative et symbolique d'une étoile à peu près aussi difficle à décrocher que la Lune.
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